est allongée dans ma chambre.

Elle m’a l’air si petite et fragile. J’ai toujours peur quand je l’entends renifler, qu’elle soit en fait au bord des larmes.

Elle est maladroite et aimante et égocentrique et impitoyable et généreuse et elle a les yeux bleus.

Je deviens une femme, elle s’enlise à la lisière de la vieillesse.

Elle est ma mère.

Piqué . C’est un peu ridicule de copier un questionnaire sur un blog qu’on aime bien entre autres parce qu’il a pour sous titre “Je ne veux pas penser comme les autres, je veux penser par moi”, mais la chair le blog est faible …

 

 

Mes amis peuvent toujours compter sur mon écoute.

Les gens seraient étonnés de savoir que parfois, chaque geste est un exploit.

Le meilleur concert que j’ai vu j’y étais allée complétement par hasard.

La citation qui me décrit le mieux : “Mieux vaut conquérir sa joie que s’abandonner à sa tristesse”, de Gide. (Enfin j’aimerais bien. Pas assez ambitieuse pour citer le “Sois le changement que tu veux voir dans le monde” de Gandhi, mais j’y ai pensé)

Mon plaisir le plus coupable les bonbons digoutants à la gélatine de boeuf. Je n’en achète jamais, mais si on m’en propose …

La meilleure décision que j’ai prise décider que la disparition d’un restaurant était un signe du destin pour aller toquer chez l’homme qui venait de me briser le coeur.

Je ne pars jamais de chez moi sans dire un truc au chat.

Mon plus grand trésor ce sont les mots.

Si je pouvais être dans la peau d’une rock star une journée, Jacques Brel.

Je suis complètement obsédée par mes cheveux (et pourtant j’en ai peu !)

Si l’on fouille dans mon frigo, on trouvera : des trucs bio, et des trucs achetés par ma coloc. Et plein de vide.

 

Passe à qui veux …

Deux nouvelles venues – mais deux lectures de longues dates, et précieuses, dans ma blogroll : elle et elle.

Je vous envie d’avoir autant à découvrir d’elles deux !

… qui ne ressemble donc pas à grand-chose.

Deux heures de plus en plus honnies de voiture quotidiennes malgré l’écoute extensive du dernier album des Malpolis - je ne peux pas choisir des extraits, de la Nouvelle “Déclaration Universelle des Droits de l’Homme”-Sandwich, aux “Super Héros” (qui sont pas des démocrates) à “L’alter mondialiste”, il faut tout écouter- j’arrive chez moi, un thé et deux coups de fil et je vole jusqu’à l’asso, une soirée toute simple comme j’en avais envie avec les adhérents, des projets, du jus d’orange où il n’y avait pas que de l’orange dedans, des rires en coin avec Gaspard qui a un peu le même humour que moi, une idée de tatouage, une envolée de notre très honoré coordinateur où j’ai pas tout compris, et une petite centaine d’écoutes de la chanson Brazil

Et pourtant, je ne suis pas bien. L’estomac bloqué – je n’ai rien mangé depuis ce midi. L’esprit en fouillis, le coeur en vrac – alors que les bonnes nouvelles, dont une me concerne directement, ont plu toute l’après-midi.

J’essaie d’écouter ce malaise. A quel moment est-il intervenu ? Quand la conversation a porté sur les bourses accordées aux écrivains (notre très honoré coordinateur a fait partie d’un jury qui les décerne aujourd’hui même) et que l’angoisse de ne pas être à la hauteur de mon rêve et la culpabilité qu’elle engendre ont pointé leur museau ? Ou plus tard, sur le chemin du retour, quand pour écourter une discussion je réponds par l’affirmative lorsqu’on me demande si je suis attendue ? (Certes, c’est un demi-mensonge, le chat est impatient de me retrouver)

Malaise qui se dissipe un moment, quand le portail qui ne fonctionne plus provoque une longue conversation avec un voisin et son chien, puis avec la faune joyeuse qui fume en bas de mon immeuble. Qui me reprend dès que je franchis le seuil de mon appartement.

Pourtant, j’ai apprivoisé sa distance. Un peu. Il est loin, l’homme que j’aime, mais je sais qu’il n’est pas absent. Nos moments à deux sont moins empoisonnés par l’imminence de son départ ou du mien. Je ne suis plus ce fil, tendu à se rompre, vers ces moments-là. Cet apprentissage a été rude, et j’ai bien cru ne pas en être capable, j’ai failli fuir cent fois, mais j’en sors plus entière de savoir être seule. Il ne me manque plus de la même façon : ce n’est plus ce déchirement de toute ma chair, endolorie par chaque seconde d’absence. La chaleur de sa voix, son rire qui remonte très loin dans l’enfance, il me tarde de les retrouver, mais je ne me sens pas amputée, juste impatiente.

Et pourtant, cette colère, comme un appel sans réponse. Est-ce juste ne pas savoir si quelqu’un m’attend quelque part ?

Toi, l’ami du silence, le casanier, le presque sauvage, le généreux blessé, le solitaire, l’entier tout seul, le magnifique méfiant.

Moi, la championne de l’intimité, la militante du couple, l’amoureuse de la routine, la fusionnelle par choix, la volubile par peur, celle qui caresse et enveloppe.

Et un jour, hier, à mi-chemin de ces deux extrêmes, un nous devient possible.

La véritable intimité est celle qui permet de rêver ensemble avec des rêves différents”. Jacques Salomé 

Tu es une silencieuse et je te connais peu. Cette qualité qui m’attire et m’effraie tant chez les hommes, chez toi m’intrigue et me tient à distance de l’amitié que, je devine, tu me proposes.

Si tu n’as rien à dire, tu te tais. Alors tu parles peu, mais c’est souvent intelligent, fin profond, nuancé.

On ne se connaît pas beaucoup, et je ne suis pas sûre d’avoir le temps de t’apprivoiser, ni de savoir m’y prendre. D’en avoir suffisamment envie : entre nous j’aime cette relation légère sans être futile.

Mais là, tu as mal, et je ne sais comment faire pour être là. Tu es si fière, si forte. Les gestes que j’ose pour mes proches seraient trop familiers pour toi, et mon bavardage me fait honte.

Je ne peux même pas dire que je me reconnais dans ce que tu vis, même si c’est vrai. Parce que les situations sont différentes, même si je devine un ressenti en miroir. Parce que je ne l’aimais plus, et que tu n’es pas sûre de l’avoir jamais vraiment aimé. Parce que j’étais déjà dans d’autres bras, alors que la solitude te fait peur.

Parce que j’ai une chance folle, incomparable.

Mais, ce que je voudrais te dire si nous étions assez proches pour que tu me saches sincère, c’est que je te trouve belle. Vraiment, très. Et intelligente et désarmante. Que si tu n’en uses pas beaucoup, tes sourires valent de l’or. Que je n’ai pas de conseils à te donner, que je me sais ignorante autant qu’humaine se peut sur tout cela, sur toi et le monde, mais que ça, je le vois.

Ici j’écris sur le plus intime, le noyau tendre, ce qui fond, coule et vibre dans le coeur secret de ce que j’appelle moi. Ce qui me touche, ce qui me heurte, ce qui me déchire sans que je sache pourquoi, ce qui me caresse et me laisse tremblante.

Vous me répondez parfois, comme un écho chuchoté, ou comme une main attentive. Ces voix tendues me sont autant de trésors, des graines que je dépose en une terre fertile mais encore muette.

J’écris ici à la lisière du silence. Ma voix ne peut toujours répondre aux vôtres.

Respire … Voilà, comme ça, emplis tes poumons, jusqu’à chasser la colère, jusqu’à chasser le chagrin. De l’air.

Tu sais bien que cette violence n’est pas la tienne, n’est même pas contre lui. Elle te traverse comme un orage dévaste un paysage, sans lui appartenir.

Ne t’y abandonne pas. Laisse-la passer, dans une heure, dans deux jours tu l’auras oubliée. Tu es juste sur son passage.

Ou alors …  l’apprivoiser, la détailler, la comprendre ?

Il y a longtemps que je n’étais venue ici.
Les objets se sont ensauvagis, des coins leur ont poussé là où je pose ma main. J’ai oublié que la douche marche à l’envers, le geste tactique pour ouvrir le velux.
Une tache de soleil tombe sur le miroir et libère la senteur du thym accroché au côté.
Dans le silence se dessine une esquisse de ton intimité quotidienne, dans les photos au mur, les papiers disséminés, les vestiges de la cuisine.
Je blottis ma solitude provisoire dans le refuge de la tienne.

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