Je n’arrive pas à entendre qu’on m’aime.
J’ai délaissé une amie, elle en a été blessée, et ma première réaction est “Ah bon ? Alors je comptais pour elle ?”. Je relis les messages auxquels je n’ai pas répondu, les lettres sans retour, me souviens de tous ses gestes vers moi. Et c’étais lisible, évident, incontestable : oui, elle tenait à moi. Et plus que la honte et le chagrin de l’avoir négligée, c’est le sentiment de gâchis qui me donne envie de me terrer dans un coin.
Je ne croyais avoir ce travers qu’avec l’homme que j’aime. Je me rends compte qu’à part de rares exceptions près, je l’ai avec tous. Que je ne crois qu’on m’aime que pendant la seconde où on me le dit, où on me le montre, et encore. Que me rassurer serait un job à plein temps. Epuisant pour eux, pour moi.
Que je ne vois que les indices de désamour, et pas les preuves d’amitié. Que je tords la réalité, pas même pour me complaire dans un rôle de mal-aimée. Mais pourquoi alors ?
J’ai encore du boulot pour devenir un être humain, moi …

5 comments
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février 8, 2007 à 8:48
finpoil
Je crois que c’est Romain Gary qui disait “il y a un grand malheur à ne pas être aimé, mais un malheur encore plus grand à ne pas aimer.”
Y a du boulot, donc.
février 8, 2007 à 8:59
Pistil
Oh mais j’aime … Maintenant, il faut apprendre à mieux aimer.
Merci pour Gary, je ne connaissais pas cette citation (ou alors je l’ai oubliée, c’est qu’il fut prolifique, le bougre, et avec des saillies incisives).
février 8, 2007 à 9:34
Aventurine
Pistil décidément, tes mots me parlent. Cette amitié n’est peut-être pas perdue…
février 9, 2007 à 8:58
Pistil
Seul le temps le dira … J’ai tendance à penser que l’on perd plus les amis que les amitiés (mais je suis d’une naïveté épouvantable). Merci à toi.
juin 20, 2007 à 1:20
Etamine
“je ne crois qu’on m’aime que pendant la seconde où on me le dit, où on me le montre, et encore. Que me rassurer serait un job à plein temps. Epuisant pour eux, pour moi.”
(…)
“J’ai encore du boulot pour devenir un être humain, moi …”
C’est si humain pourtant… tu est tellement humaine.
Ou alors ne sommes nous tous que des gouffres affectifs sur pattes, des ruminant de l’amour, insasciable…. bêêhh !!
Au début je pensais que si je mettais l’accent sur les preuves de “désamour”, c’était par “masochisme”, pour me complaire justement dans le rôle du mal aimé. Puis j’ai pensé que peut être, j’avais un vide affectif qu’une amoureuse saurait combler, mais ça ne suffisait pas, c’était peut être une mère plus qu’une amoureuse que je cherchais. Puis j’ai réalisé, que ce besoin plus ou moins permanent de preuves, d’amitié et d’amour n’était qu’un moyen de me rassurer. Que le petit garçon qui m’habite, qui me suit depuis tjrs avait un profond désir d’être rassuré, protéger… se blotir tout contre l’amour. Je crois que seul l’homme en devenir, peut et doit prendre en charge cette enfant, le protéger, le rassurer. Lui et nul autre. Moi même, avant tout.
Mais est-ce aussi le chemin que suiverait une femme ?? … Cendrillon est parfois assez couillone tout de même. mais c’est un autre sujet…
;o)